Comment aborder les économies d’énergie dans le logement ?

Si certains ont une approche intellectuelle et philosophique de la gestion énergétique des bâtiments, soyons honnêtes, la plupart d’entre nous n’a à l’esprit que des préoccupations pécuniaires liées aux factures de chauffage ou d’électricité qui ne cessent de s’accroître d’année en année. Et ce n’est pas la libéralisation des prix de l’énergie qui inverse la tendance.

On peut spéculer sur les réserves de carburants fossiles, mais soyons clairs : nous sommes entrés, depuis les chocs pétroliers des années 70, dans une ère d’énergies chères. Nous avons de surcroît un vrai problème avec les conséquences de l’augmentation des gaz à effets de serre dans l’atmosphère, et en particulier des gaz de combustion de nos chaudières.

A lui seul le secteur du logement représente 25% de la demande mondiale en pétrole. De plus, 70% du parc immobilier belge date d’avant les années 70 et n’a donc pas été conçu en terme d’utilisation rationnelle de l’énergie.

Je vous propose dans cet article d’aligner quelques réflexions et suggestions en matière d’économie de chauffage qui constitue à lui seul 90% de la consommation énergétique d’un logement.

Alors concrètement, si vous n’avez pas l’intention de faire reconstruire votre habitation et que vous ne disposez pas d’un budget illimité, que pouvez-vous faire ?

La solution est simple. Elle consiste à faire preuve de bon sens en revenant aux fondamentaux du confort thermique : Ce n’est pas le bâtiment qu’il faut chauffer, c’est notre bien-être qu’il faut viser.

Le mode d’occupation

La première question à se poser et la plus simple, concerne notre manière d’occuper notre lieu de vie. Et ce mode de vie a bien changé avec le progrès technique qui nous a permis de nous affranchir des contraintes du climat.

  1. La "petite laine" permet de diminuer la température ambiante [1]
  2. Point n’est donc besoin de chauffer des pièces inoccupées.
  3. Se regrouper dans des espaces communs. Il faut réapprendre la pièce de séjour, lieu essentiel de convivialité qui dans de nombreux cas dispose d’un appoint de chaleur spécifique : le poêle ou l’âtre
  4. Adapter le lieu d’occupation en fonction du jour ou des saisons. Ce sont notamment les rideaux lourds, les stores que l’on ferme pour la nuit
  5. Etre mobile dans le bâtiment : occuper les pièces en fonction de leur ensoleillement ou de leur isolation.

On peut s’aider, pour quelques centaines d’euros, de dispositifs de régulation automatique. Cela va de l’horloge programmable à la détection de présence jusqu’à la domotique ou système informatique de gestion centralisée des bâtiments
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La qualité bioclimatique du bâtiment

Il y a donc lieu, dans un deuxième temps et si on le peut, de réfléchir aux qualités climatiques de la construction. Notre espace de vie constitue un abri face aux rigueurs du climat, mais il doit être adapté à l’environnement dans lequel il s’inscrit.

  1. Isoler du froid par l’isolation de l’enveloppe extérieure du bâtiment et l’étanchéité de ses ouvertures. On concentrera donc ses efforts sur les portes et châssis de fenêtres et la toiture avant d’envisager des techniques d’amélioration de l’isolation des murs.
  2. Capter la chaleur du soleil par la réduction des obstacles à son rayonnement (arbres, murs,...) et une augmentation de la surface des fenêtres orientées vers le soleil
  3. Stocker la chaleur par les qualités massives de la construction. On préférera, par exemple, les cloisons lourdes et le carrelage aux revêtements de sol souple
  4. Distribuer la chaleur dans le bâtiment au travers des espaces communs (hall, escalier, mezzanine, atrium)

Nous rentrons ici dans un domaine où les coûts sont très variables en fonction des possibilités techniques et urbanistiques. Ce type de travaux devra bien souvent être envisagé lors de travaux de transformation du bâtiment.

L’appoint énergétique

Quand la demande en énergie a été diminuée au maximum, on peut s’intéresser à des systèmes de chauffage que nous caractériserons alors de systèmes d’appoint.

Les solutions sont nombreuses et souvent fonction du type d’énergie primaire disponible (électricité, gaz, fioul,...).

On privilégiera bien sûr les systèmes à haut rendement (chaudières à condensation, foyers norvégiens) de même que la récupération d’énergie sur l’aération (hottes à recyclage, extracteurs d’air à double flux).

On retiendra encore que plus les besoins énergétiques sont faibles, plus les technologies durables deviennent financièrement attractives (biomasse, solaire thermique, pompes à chaleur).
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L’eau chaude sanitaire

L’eau chaude sanitaire constitue une consommation d’énergie particulière qui est à priori constante et régulière, et liée aux besoins d’hygiène plus que de confort, mais dont le système de production est souvent couplé à celui du chauffage.

On utilisera le même type de démarche en trois temps

  1. Utiliser l’eau chaude à bon escient
  2. Isoler la tuyauterie
  3. Chercher un système de production propre et à haut rendement. Le chauffe-eau solaire constitue une des solutions les plus intéressantes.

Les incitants financiers

Face aux exigences du protocole de Kyoto, tous les niveaux de pouvoir belges (fédéral, régional, communautaire, provincial et communal) ont mis en place des incitants financiers qui permettent d’envisager une réduction des coûts d’investissements jusqu’à 50 %. De tels avantages permettent d’atteindre sans difficulté des retours d’investissements inférieurs à 10 ans.

Il ne faut pas non plus perdre de vue que la performance énergétique du bâtiment qui peut être désormais certifiée constitue une plus-value immobilière non négligeable du bâtiment.

Conclusion

Comme on peut s’en rendre compte, l’approche est globale et ne peut absolument pas limiter au seul système de chauffage, si performant soit-il.

Elle rassemble le savoir et les compétences du bon père de famille, de l’architecte et de l’ingénieur.

Lorsque des moyens financiers importants seront mis en jeu, il sera nécessaire de procéder à une analyse des trois paramètres de mode de vie des occupants, de qualité bioclimatique du logement et des systèmes de chauffage existant.

C’est grâce à cela que votre démarche sera profitable à votre portefeuille, à votre confort et à la planète.

[1la baisse de 1 °C de la température de consigne permet une économie annuelle de chauffage de 5 à 10%