Constructions passives : Vrai/Faux

Rappelons d’abord que le terme maison passive (ou construction passive) recouvre un label qui atteste que le bâtiment respecte des critères stricts d’isolation, d’étanchéité à l’air et de consommation énergétique.

Une maison passive est un thermos et on ne peut pas ouvrir les fenêtres

FAUX - Les exigences passives ont de quoi faire peur parce qu’elles ne correspondent pas à nos standards de construction. Toutefois, la technique est éprouvée depuis plus de 20 ans en Allemagne et le passif impose
- une limitation des apports solaires pour lutter contre la surchauffe estivale
- une ventilation mécanique contrôlée qui garantit l’hygiène atmosphérique ambiante
Ceci rend l’ouverture des fenêtres nettement moins nécessaire par rapport à un bâtiment standard. D’autre part rien n’interdit d’ouvrir les fenêtres...si toutefois elles disposent de poignées.

On peut chauffer une maison passive avec un feu ouvert ou un poêle dans une maison passive

FAUX et VRAI - Les puissances mises en jeu par un foyer, fut-il à cassette et récupération de chaleur, sont telles (de l’ordre de 5kW) qu’elles dépassent les besoins totaux de chaleur du bâtiment et que la surchauffe sera immédiate. Dès lors, il est nécessaire de prévoir un système de récupération de cet excès de chaleur pour le redistribuer vers les pièces à chauffer par l’installation de ventilation à double flux.

Un bâtiment passif coûte plus cher

VRAI - Ne nous leurrons, un bâtiment passif coûte beaucoup plus cher qu’un bâtiment ordinaire. Les raisons sont évidentes :
- L’expertise nécessaire des acteurs du projet
- Les solution techniques à adopter (hyperisolation, étanchéité à l’air)
- Le surcoût en étanchéité et en ventilation excède la diminution des coûts d’installation de chauffage (sauf pour le tertiaire)
- Le niveau de qualité des travaux indispensable à la certification.
Sauf cas très spécifiques (standardisation, mitoyennetés,...), le surcoût moyen est de l’ordre de 40% que les primes et autres incitants fiscaux ne couvrent pas. Gageons toutefois que celui-ci diminuera au fil du temps

Le passif permet une économie de 90% d’énergie

VRAI - Les exigences PEB actuelle pour les construction neuves est de 170 kWh/an et par m² (ou 17 l de fuel ou 17 m³ de gaz). L’exigence passive est de 15 kWh/an et par m². CQFD !

Une bâtiment passif doit être en bois

FAUX - La certification passive n’impose pas de matériaux de construction. Si le bois possède des qualité indéniable de durabilité et d’adaptation à l’usage, il n’en possède pas moins certain défaut. On commence d’ailleurs à voir se construire des bâtiments passifs en blocs et briques traditionnelles http://www.massivepassive.be

On est toujours malade dans une maison passive

FAUX et VRAI - Une maison passive est un outil fragile qui nécessite une maintenance régulière. La mise en œuvre d’une ventilation mécanique avec récupération de chaleur, surtout dans des milieux où l’air est pollué, nécessite un entretien systématique. C’est le cas également de tout système de ventilation ou de conditionnement d’air. L’absence de nettoyage des filtres ou une mauvaise conception des canalisations d’air pourrait effectivement conduire à la propagation de bactéries et autres poussières toxiques.

La certification passive est réservée aux constructions neuves

FAUX et VRAI - Rien n’interdit aux bâtiments rénovés d’atteindre les critères passifs. Toutefois ce ne pourra être, économiquement et techniquement, le cas que dans des cas de rénovations très lourdes avec des surcoûts très élevés. Il vaudra bien souvent mieux se limiter à mettre en œuvre des solutions passives (triple vitrage, ventilation, protections solaire,....)

Le bâtiment passif, c’est l’avenir

VRAI et FAUX - Là, nous sommes dans la prospective et on ne jouera pas les devins. Toutefois, il est nécessaire de considérer que si le passif constitue une réponse aux besoins de confort et durabilité des habitations, elle n’est pas la seule.

Comme vous le savez, nous défendons la notion de bioclimatisme, à savoir "se protéger des effets négatifs du climat et de l’environnement et en capter les effets positifs". Le passif ne prend en compte que les premiers termes de cette assertion, limitée au seul terme climatique. Et la notion de confort n’y est pas vraiment prise en compte. Il est possible par exemple de construire un bâtiment auto-suffisant en énergie qui ne soit pas passif.

Mais ne boudons pas notre plaisir. La construction passive est un formidable moteur d’entraînement pour la construction durable. Soyons cependant prudent : la construction passive est une affaire de spécialistes (architectes, constructeurs, producteurs de matériaux) et ils ne sont pas encore très nombreux sur le marché.